Mon blog français

1. juin, 2020

En France le confinement provoqué par la pandémie Covid-19 a duré du 14 mars au 11 mai 2020.
Pendant cette période toute la population du pays a pu ressentir à quel point la restriction de la libre circulation humaine peut être anxiogène.
Cette anxiété, ressentie par presque tout le monde, m'en a rappelé une autre rencontrée il y a plus de 30 ans.
À cette époque, en 1989, mon frère, Michel souffrait de manière chronique depuis déjà 20 ans, d'une psychose maniaco-dépressive.
C'est sous cette appellation qu'on désignait cette maladie à l'époque.
Depuis 1992 on l'a rebaptisée "trouble bipolaire".
Il faut savoir qu'au cours des crises, la maladie passe par des phases hypomaniaques.
L'activité cérébrale est alors surexcitée sans atteindre le sommet délirant de la courbe maniaque.
C'est durant cette période que Michel a écrit un texte qui permet de ressentir cette terrible anxiété.
Il avait intitulé sa poésie "Les quatre murs".
Tenter de comprendre la folie permet de cultiver la sagesse.
C'est pour essayer de renforcer sa fonction didactique que j'ai illustré ce texte de dessins, qui plaisaient à son auteur.
Voir ces dessins ici :
http://www.yanpetro-kavlan.fr/446273510

Voici le texte :
Les quatre murs
1
Je tourne en rond
Dans ma maison.
Les quatre murs
Deviennent sombres.
Par la fenêtre
Voici les ombres
Des nuits hantées
de cauchemars
    2
Les gros camions
Devant chez moi
Versent toujours
À mon oreille
Les tristes bruits
Qui, dans mes veilles,
Font le cerveau
Marteau pilon.
    3
Terrible jazz
Du samedi soir
Qui scande encor
Dans ma tête
Les rythmes morts
Les rimes bêtes
Des poésies
Du désespoir.
4
Tamtam maudit
Des jours de fête
Les chaises crient
Les gens s'apprêtent
Les verres tintent
Les femmes peintes
Brisent la glace,
rient aux éclats.
    5
Le ciel  devient
Lourd de nuages.
L'escalier brille
Et tout s'enrage
Autour de moi.
C'est le tapage.
Que l'on m'apporte
Un bazooka !

21. mai, 2020

Hier matin, une photo trouvée dans un livre sur "Mai 68 l'envers du décor"(de Bruno Fuligni édition Gründ), m'a immédiatement remémoré un souvenir vieux de 54 ans (…ma mémoire ancienne fait surface, le gâtisme me guette…).


On l'appelait Aguigui Mouna, c'était semble-t-il un allumé inclassable.
Quand on l'apercevait faire son numéro d'agitateur dans la rue, à Paris ou sur la Côte d'Azur.
On pouvait le prendre pour un doux dingue, un agité du bocal, un Diogène.
On pouvait aussi le voir comme un clochard dépourvu de raison, mais en fait, il n'avait rien d'un alcoolique en perdition.
Aguigui ne manquait pas de copains prêts à l'accueilir, à l'héberger, à lui rendre service.
En 1966 j'ai eu la chance de le rencontrer et de passer une soirée en sa compagnie.
À cette époque je travaillais comme "pèraub" adjoint (du 15 juin au 15 septembre) à l'auberge de jeunesse de Nice (AJ FUAJ route forestière du mont Boron).


Un jour, Aguigui Mouna, alias André Dupont à l'état civil, est arrivé comme un ajiste ordinaire à ceci près qu'il était âgé de 55 ans. Sur le papier, dans les auberges de jeunesse, l'âge des usagers était limité à 30 ans.
Mais Aguigui n'était pas un utilisateur lambda, c'était un ami de mes amis, les "pèraubs" permanents, Renée et José Salamé. Nous avons donc trouvé la place pour l'héberger malgré le commencement d'affluence estivale.
Pendant la soirée passée en sa compagnie, j'ai fait sa connaîssance et je suis passé de l'étonnement que produisait son accoutrement à l'admiration de ses faits d'armes de pacifiste.
Aguigui Mouna était son pseudo d'artiste, la presse parlait parfois de lui sans trop chercher à le définir mieux que comme "clochard-philosophe" ou "amuseur public".
Mais lorsque André, l'ajiste, se retrouvait dans une auberge de jeunesse il n'était plus en représentation.
Il redevenait, malgré son âge, un membre de la famille des Auberges à qui il pouvait décrire les coulisses de ses spectacles.
On découvrait alors, derrière le bouffon public, un sacré bonhomme.
C'était un humaniste doué d'une créativité originale exceptionnelle.

Faisant le clown dans la rue,
se plaçant en tête de la moindre manif,
créant des numéros loufoques,
apostrophant les promeneurs par ses jeux de mots,
enchaînant des propos plus ou moins cohérents mais toujours marrants ,
attirant, par toutes sortes de moyens, l'attention du chaland,
écrivant à la craie des aphorismes sur des écriteaux (…comme Ben, à sa suite, qui a obtenu sa notoriété grâce surtout à ce truc là…),
tenant des discours anticonformistes (…comme Franck Lepage qui par ses "conférences gesticulées" a poursuivi, avec talent, cette tradition),
vendant à la criée son journal "Le Mouna frères",
promotionnant ses interventions publiques en déambulant dans un gros carton d'où ne sortait que sa tête,
Aguigui inventait des performances d'artiste pleine de poésie.
Il reprenait le rôle de fou du roi pour l'offrir aux passants.

Depuis cette soirée de 1966, je n'ai eu la chance de l'apercevoir qu'une seule fois pendant l'un de ses shows devant le musée d'art contemporain du centre Beaubourg à Paris.

Quand je repense à André l'ajiste et Aguigui l'artiste,
je me rends compte que je n'ai oublié ni l'un, ni l'autre.

Pour en savoir plus sur cet homme attachant le premier lien à consulter est bien sûr:
https://fr.wikipedia.org/wiki/Aguigui_Mouna


Il existe des enregistrements de Aguigui Mouna que l'on peut retrouver ici :

https://la-bas.org/spip.php?page=article&id_article=1662
et la suite de l'enregistrement de cette émission :

https://la-bas.org/spip.php?page=article&id_article=1685
(Dans ces enregistrements Aguigui n'arrive qu'après les 7 premières minutes car l'émission commençait par le répondeur de "là-bas si j'y suis" titre de l'émission)

6. mai, 2020

Mon orthographe (Réédition de cet article)
Jean-pierre Cavelan·Mercredi 17 février 2016·
Concernant l'orthographe, communiquer nécessite un désir réciproque d'au moins deux personnes. Si ce désir existe réellement, chaque correspondant pense à son lecteur et essaie de lui faciliter la vie en écrivant de son mieux.
L'orthographe, la ponctuation, la mise en forme, la calligraphie, la style, l'illustration par des images,… tout cela peut aider à rendre une lecture plus agréable. L'orthographe n'est qu'un paramètre parmi d'autres, ce n’est qu’une convention dont il ne faut pas exagérer, sans la minimiser, l’importance.
Que l'on réussisse à communiquer en morse, en braille, par le langage des sourds ou tout autre moyen,  est-ce que le plus important n'est pas le fond des idées, la qualité des informations et des émotions échangées ?
Une chose m'a toujours profondément choqué :
Pourquoi parle-t'on de "faute d'orthographe"?
En mathématiques on se contente de parler d'erreur.
Pour certaines personnes l'orthographe française est un art inaccessible, elles ne sont pas moins intelligentes que d'autres mais elles ne sont pas douées pour ça, faute d'en posséder la mémoire spécifique…
Doit-on leur interdire de s'exprimer par écrit ?
Je pense que la tolérance est une vertu essentielle et une réelle preuve d'intelligence.

PS : Si j’ai commis une ERREUR dans le texte précédent merci de me la signaler, je la corrigerai.
Si vous y trouvez une FAUTE, passez votre chemin.

3. mars, 2020

Je viens de participer à un MOOC qui m'a beaucoup intéressé.
Mais avant tout :
Qu'est-ce qu'un MOOC ?

Un MOOC est un type ouvert de formation à distance capable d'accueillir un grand nombre de participants.
MOOC est l'acronyme formé des initiales de Massive Open Online Course.

L'appellation MOOC est passée dans le langage courant en France ; elle est désormais reconnue par les principaux dictionnaires.

Les participants aux cours, enseignants et élèves, sont dispersés géographiquement et communiquent uniquement par Internet. Des ressources éducatives libres sont souvent utilisées. Dans le monde anglophone, il peut arriver que plus de 100 000 personnes soient réunies pour un cours.

Synonymes en français :
Diverses appellations sont utilisées en France : MOOC principalement, mais aussi Formation en ligne ouverte à tous (FLOT), aussi appelée cours en ligne ouvert et massif (CLOM), cours en ligne ouvert à tous, cours en ligne (termes officiels recommandés par la Commission générale de terminologie) ou cours en ligne ouvert aux masses (en anglais : massive open online course, MOOC).

L'appellation « MOOC » a été reconnue en entrant dans le Larousse 2016.

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Massive_Open_Online_Course

J'ai expérimenté le MOOC de la fondation Orange en participant à un MOOC traitant des couleurs dans l'art.

https://mooc-culturels.fondationorange.com/course/index.php

CONCLUSION :

Que retirer de cette expérience ?
C'est une nouvelle manière d'enseigner et d'apprendre que je vois comme un progrès évident car elle est interactive et ludique.
En tant que peintre je m'intéresse aux couleurs depuis toujours et bien sûr,
j'ai le sentiment de connaître les couleurs mais j'ai appris de nombreuses choses en participant à ce MOOC.
Cela ne va pas révolutionner ma manière de peindre mais me permettra sûrement de mieux lire la peinture des autres. 
[ En esperanto mi tradukus la nomon de ĉi tia instruado per "KRAM" (Kurso Rete Amase Malferma)

3. janv., 2020

Artikolo kiu sekvas la artikolon "Ĵetfluoj kaj Esperanto" (…vidi malsupren)

Ĵetfluoj kaj la dua mondmilito

Resumo : la ĵetfluoj estas potencaj kaj rapidegaj ventoj kiuj lokiĝas je alta alteco de ĉirkaŭ 10000 metroj ek de la nivelo de la maro.
Japana meteorologiisto malkovris kaj studis ĉi tiujn ventegojn kaj eldonis la rezultojn de siaj observadoj en la japana lingvo kaj en esperanto en la jaro 1923.

Pri la dua mondmilito necesas refreŝi en nia memoro la kronologion de la eventoj
La 7an de decembro 1941 t.e., antaŭ sia deklaro de milito, Japano atakas Usonon sinkigante usonan ŝiparon en Pearl Harbor en Usono. La 8an de decembro Japano deklaras la militon al Usono.
De junio 1944 al aŭgusto 1945 Usono bombatakas multfoje la urbojn de Japanio.
En aŭgusto 1945, la 6an kaj la 9an, per atombomboj Usono neniigas la urbojn Hiroshima kaj Nagasaki. La imperiestro Hirohito anoncas la kapitulacion de Japanio la 15an de aûgusto.

Kial kaj kiel la ĵetfluoj rilatas kun ĉi tiu mondmilito ?
Japanio konis la ekziston de la ĵetfluoj kaj uzante la konojn rivelitaj de
Oiŝi Ŭasaburo, la japanaj militistoj provis ilin utiligi por sendi al Usono « elfajrajn balonojn ». Kelkaj sed malmultaj el ĉi tiuj balonoj atingis la nordamerikan kontinenton kaj provokis kelkajn civilajn viktimojn. La efekto sur la milito estis fakte ege malforta ĉar multaj balonoj eksplodis super la maro sen atingi la bordon.
Sed ĉe la usona flanko la sciencaj informoj de Oiŝi Ŭasaburo restis tute nekonataj. Neniu pensis serĉi en la libro en esperanto la informojn kiuj estintus tiam tre interesaj por la usona armea aviado. En 1945 la usonaj bombaviadiloj estis ekipitaj per tre precizaj celsistemoj kiuj teorie permesis bombumi de tre alta alteco por eviti la japanan kontraŭaviadan defendon. Sed sen koni la ĵetfluojn la celsistemoj ne estis korekteblaj kaj ĉiuj la bomboj maltrafis la militajn celojn.

Konkludo :
Tio klarigas kial estis tiom da civilaj viktimoj en Janpanio kaj kial la klasikaj bombatakoj ne sufiĉe sukcesis. Oni eĉ rajtas supozi ke se Usono estis konanta la ĵetfluojn la milito estus daŭrinta malpli longe kaj ke la atombomboj estus restintaj neutilaj por gajni la militon.

Kroma pripenso de esperantisto :
Pri la ĵetfluoj, Esperanto estus povinta ludi gravegan rolon dum la dua mondmilito. Gravuloj, decidantoj, politikistoj, sciencistoj preferas firme antaŭjuĝi ke Esperanto estas kaj restu nur afero de diletantaj idealistoj.