4. sept., 2020

Raoult, Perronne & Semmelweis

Pandémie Covid-19
Voici ce que j'en pense aujourd'hui 4 septembre 2020:

À l'heure actuelle nous sommes encore dans une pandémie Covid-19 (coronavirus SARS-2) apparue le 17 novembre 2019 dans la ville de Wuhan (Chine centrale).
L'état d'urgence de santé publique de portée internationale est prononcé par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) le 30 janvier 2020.

Le 11 mars 2020 l'épidémie de Covid-19 est déclarée pandémie par l'OMS.
Les mesures de protections essentielles sont recommandées.

À cette époque on commence à parler dans les médias d'un traitement à base d'hydrochloroquine utilisé par l'IHU de Marseille (Institut Hospitalo-Universitaire). Le Pr Didier Raoult devient le défenseur le plus entendu de ce traitement. En fait, il n'est pas seul. Il a avec lui toute l'équipe de l'IHU et d'autres médecins tels le Pr Christian Perronne, chef des maladies infectieuses de l'hôpital de Garches.
Mais à ce traitement s'opposent les conseils scientifiques de l'Élysée, ce sont les "experts".
Le Directeur de l'ANSM fait classer la chloroquine et l'hydrochloroquine dans les substances vénéneuses en interdit la prescription par les médecins. Finalement un arrêté a permis aux médecins hospitaliers de l'utiliser en conservant l'interdiction pour les généralistes.

J'ai lu et entendu tout ce que l'on peut entendre et lire sur le sujet.
Je ne suis pas médecin et me contente de mon esprit critique individuel et portatif.
Je n'ignore pas que le simple bon sens nous tend parfois des pièges difficiles à déjouer.
L'esprit critique n'est pas purement instinctif, il faut le cultiver en s'équipant de quelques outils indispensables. 
J'ai bien conscience qu'une expérience scientifique peut être biaisée de bien des manières. 

Il y a quelques années, j'ai suivi les cours de zététique du Pr Henri Broch.
Ces cours de zététique étaient enseignés à la faculté de Nice-Sophia-Antipolis.
J'ai aussi pratiqué cette zététique en participant activement à de nombreuses expériences pratiques dans le cadre du prix Défi-Zététique où une somme de 200000€ était en jeu.
[Zététique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Z%C3%A9t%C3%A9tique ]

Je viens de lire et recommande ces deux livres :
-ÉPIDÉMIES vrais dangers et fausses alertes ISBN 13: 978-2-7499-4404-3 de Didier Raoult
-Y a t-il une erreur qu'ILS n'ont pas commise ? ISBN 978-2-226-45518-15 de Christian Perronne

Sous cet éclairage et à ce jour, mon opinion est clairement établie :
Je pense que les Professeurs Didier Raoult et Christian Perronne ont raison
de s'insurger contre un mauvais traitement de cette crise sanitaire par les grands décideurs de notre République.

Bien entendu, je me méfie de mes propres convictions.
Je peux me tromper.
L'erreur est humaine et seule l'obstination dans l'erreur est diabolique.
Devant une démonstration claire, nette et rationnelle je serais prêt à reconnaître mon erreur mais je n'oublie pas que comme disait Coluche :
" Ce n'est pas parce qu'ils sont plus nombreux à avoir tort, qu'ils ont raison."

La position du médecin compétent, sérieux, intègre, intelligent, novateur, face au conservatisme malveillant de ses confrères n'est pas un phénomène nouveau et l'histoire de la médecine en offre de nombreux exemples.
On peut penser bien sûr à René Laennec l'inventeur en 1817, du petit appareil que les médecins d'aujourd'hui portent tous autour du cou, le stéthoscope. Mais heureusement l'invention de Laennec a été adoptée de son vivant et sa carrière n'en a pas souffert.
Je pense à un autre cas beaucoup plus dramatique, celui de Ignace Semmelweis.
En 1842, ce médecin hongrois de l'hôpital général de Vienne (Autriche) montre qu'il faut incriminer le manque de propreté des médecins et des étudiants. C'est avant tout parce que les médecins  passaient des salles d'autopsie aux salles d'accouchement sans changer de costume, ni se laver les mains, qu'ils transportaient "des substances putrides" qui pénétraient dans les voies génitales des femmes.
Il le montre par des méthodes statistiques, en comparant les taux de mortalité de la Clinique 1, tenue par les médecins et étudiants en médecine, avec ceux de la Clinique 2, tenue par les sages-femmes. Le taux de mortalité de la Clinique 1 est trois à dix fois supérieur à l'autre.
En 1847, devenu assistant de la maternité, il impose le lavage des mains (par solution chlorée) aux médecins et étudiants avant d'entrer en salle d'accouchement, en 7 mois, la mortalité de la Clinique 1 chute de 11,4 % à 2,7 %.
Semmelweis lui aussi voit ses conclusions rejetées par l'establishment médical. Convaincu que tous les cas de fièvre puerpérale s'expliquent par des substances en putréfaction, Semmelweis ne peut expliquer le caractère saisonnier de la fièvre puerpérale. Quant aux cas de fièvre puerpérale qui surviennent quand même avec des sages-femmes ou en dehors de l'hôpital, il les explique par des substances de putréfaction interne aux accouchées (décomposition du sang ou de fragments de placenta). Aussi, même les médecins qui reconnaissent ses premiers résultats en rejettent les théories.
En 1849, il retourne à Budapest, et publie ses travaux détaillés en 1860. Leur valeur ne sera pleinement reconnue qu'à partir de 1879, 14 ans après sa mort en 1865, lorsque la théorie microbienne sera bien établie et le rôle du streptocoque précisé.

Bien sûr mes 2 exemples sont situés au 19°siècle, mais ne serions nous pas trop confiants dans le progrès humain en nous persuadant que ces jugements collectifs erronés ne peuvent pas se reproduire aujourd'hui en 2020 ?

C'est pour cette raison que je demande au lecteur qui m'a suivi jusqu'ici :

  1.  De se sentir libre de tout préjugé.

  2. Avant d'établir ou de réexaminer son opinion de ne pas se contenter des informations qui ne font que confirmer son opinion. C'est-à-dire, que je l'invite à instruire son jugement à charge et à décharge.

  3. D'accepter, comme je le fais, le fait que chacun peut se tromper et que ce ne serait grave que dans une obstination irrationnelle.


Sources d'information : fr.wikipedia.org, la presse, les medias et les livres cités