14. janv., 2022

Léon Bérard, Jean Zay, Espéranto

 

Le 27 mai 2015 les cendres de Jean Zay sont transférées au Panthéon à Paris.
À cette occasion les espérantophones français se réjouissent de cette entrée au Panthéon car ils n'ont pas oublié que Jean Zay, alors ministre de l’Éducation nationale, avait signé la circulaire du 11 octobre 1938 favorisant les cours facultatifs d’espéranto dans les établissements scolaires.

Seize ans auparavant, la circulaire ministérielle du 3 juin 1922 de Léon Bérard le ministre de l’Instruction publique avait interdit toute propagande en faveur de l'espéranto au sein de l'enseignement public en France.

Qui était Jean Zay ?

Il est né le 6 août 1904 à Orléans.
Ce fut un avocat et un homme politique français.
Il fut sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil, ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts, député du Loiret et conseiller général.
C'est un démocrate, politiquement orienté à gauche, partisan de la laïcité et résolu à défendre sa patrie contre le nazisme et tout ce qui lui ressemble.
Son action en faveur de l'espéranto prouve qu'il est un humaniste convaincu.

Jean Zay est mort assassiné par la Milice le 20 juin 1944 à Molles.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Zay

Qui était Léon Bérard (…l'ennemi de l'espéranto)?

Léon Bérard, né le 6 janvier 1876 à Sauveterre-de-Béarn.

En plus de ses nombreuses activités politiques, il est membre du prix littéraire La Renaissance fondé en 1921 par son ami Henry Lapauze et le reste jusqu'en 1940.
Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-arts en 1919, puis de 1921 à 1924.

En 1923, il est à l'origine d'une réforme unifiant le premier cycle des études secondaires et instituant le latin obligatoire dès la sixième.

En mars 1925, il est l'un des députés catholiques qui interviennent dans le débat sur la Déclaration sur les lois dites de laïcité, que la hiérarchie catholique française désapprouve en appellant les catholiques français à s'y opposer.

Léon Bérard est également l'initiateur de la politique visant à renvoyer en Espagne les réfugiés politiques républicains espagnols internés au camp de Gurs en France : une fois livrés aux autorités franquistes responsables de la guerre civile, ils étaient envoyés au camp de concentration de Miranda de Ebro afin d’être « normalisés » politiquement. Sa sympathie pour le franquisme contre la république espagnole est ainsi mise en évidence.

De novembre 1940 à août 1944, il est ambassadeur du régime de Vichy auprès du Saint-Siège.
Léon Bérard est donc un pétainiste approuvant la collaboration avec l’Allemagne nazie.
Après la guerre, le collaborateur zélé du Pétainisme reste prudemment à Rome bien à l’abri de l'épuration qui suit la libération de la France.
Puis quand les évènements se sont calmés, il reviendra poursuivre sa carrière d’opportuniste réactionnaire au sein de l'Académie Française.
Il meurt en 1960.

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_B%C3%A9rard_(homme_politique)

Comparons les deux hommes :

Léon Bérard, le bigot obscurantiste, complice du franquisme,  du pétainisme et par la collaboration du nazisme, s'est distingué par sa haine pour l'espéranto.

Jean Zay, l'humaniste inspiré par des lumières, patriote assassiné par la milice de Pétain, héros légitimement accueilli dans le Panthéon français, a prouvé clairement son soutien à l'espéranto.

L'antagonisme entre ces deux personnages historiques illustre bien la distinction qui s'impose entre la haine sectaire de l'un et l'idéalisme humaniste de l'autre.

L'idéal espérantiste est bien du côté de la raison et le sombre sectarisme haineux qui lui est hostile ne peut que le mettre en lumière.

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